Comédien Musicien
Pierre 06 76 22 89 30

Claude Gueux

Roman de Victor Hugo paru en 1834PierreFlory-affiche-avignon

Mise en espace et direction d’acteur : Aïni IFTEN
Bande son : Chris Chanet
Jeu : Pierre FLORY

Durée: 55 minutes, public à partir de 14 ans

Créé en juin 2015 au théâtre Le Fenouillet de St Gervais sur Roubion

Il était une fois… une histoire simple

D’abord, il y a lui, Claude. Bon ouvrier, capable, intelligent, travailleur, aimant. Très aimant même, envers sa femme – sa maîtresse, soyons exacts – et son enfant. Une fille, un garçon, l’histoire ne le dit pas. Mais poursuivons. L’ouvrage manque, c’est l’hiver, Claude vole. Claude doit voler. Pour mettre un peu de feu dans le foyer, un peu de pain sur la table. Voler quoi, on ne sait pas non plus. Mais quoi qu’il vola, la sentence fut celle-là : trois jours de pain et de feu pour la femme et l’enfant. Cinq ans de prison pour l’homme.

Claude Gueux par Pierre Flory

Pierre Flory continue son travail de comédien solo avec un nouveau récit :  » Claude Gueux » de Victor Hugo.

L’histoire commence ici. À Clairvaux où il est emprisonné. C’est ici qu’interviennent les autres. Le directeur de l’atelier, qui lui raconte volontiers que sa femme s’est faite fille publique. Que son enfant, on ne sait pas. Puis il y a Albin, l’ami si cher, celui qui rend acceptable l’espace exigu des quatre murs. Et les autres. Les prisonniers, sur lesquels l’aura de Claude est si grande. Ceux qui l’écoutent et ne le contestent pas.

Pierre FloryMais revenons à Claude. Claude Gueux. Qui de détenu modèle condamné pour un vol mineur finira la tête tranchée pour le meurtre du fonctionnaire qui un jour décida de le séparer de son ami.

Quand le destin s’emmêle

Que s’est-il passé ? Qu’est-il arrivé à cet homme au si fort charisme, cet homme intelligent et doux, celui que les prisonniers les plus durs écoutent et respectent. Celui dont on ne remet pas en cause le jugement ni la décision. Celui qui a volontairement choisi d’appliquer sa justice au prix consenti de sa propre vie.

C’est cette rupture, ce glissement, qui vont être racontés ici. Un glissement né du harcèlement d’un homme tenu sous le pouvoir d’un autre. D’un quotidien rendu plus dur encore par l’arbitraire et les tracasseries qui peu à peu prennent une dimension obsessionnelle dans l’esprit du prisonnier à qui l’on ôte le peu de repères qui lui restaient.

Davantage que le pamphlet contre la peine de mort, c’est la dénonciation de l’univers carcéral, l’exhortation à l’éducation du peuple plutôt qu’à la répression qui habitent ce texte écrit par Victor Hugo en 1834 juste après la parution du « Dernier jours d’un condamné », c’est le lent glissement vers une personnalité nouvelle née de l’enfermement qui intéresse ici le conteur. Prisonnier de quatre murs, harcelé, dépouillé de ce qui lui tient le plus à cœur mais aussi prisonnier de son image, une image forgée entre ces murs, Claude ira jusqu’au bout.

Prononcés sous cet angle, les mots simples et presque factuels d’Hugo prennent un éclairage douloureusement actuel.

Il y a encore de nos jours des sociétés, où quand elles tuent un homme, elles s’en vantent !

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Reportage de la 2ème chaîne marocaine 2M (JT en français) sur la pièce théâtrale de Pierre Flory / CLAUDE GUEUX – VICTOR HUGO / à la prison Qara / octobre 2017 :

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Article du 15 juin 2016 paru dans La Provence
Pierre Flory, comédien battant

Seul Victor Hugo peut se permettre de raconter à la première personne l’histoire de Claude Gueux, guillotiné à 36 ans, pour vol puis meurtre d’un gardien ignoble. « Ce que je sais, c’est que de ce vol, il résulta trois jours de pain et de feu pour la femme et l’enfant et cinq ans de prison pour l’homme ».  Avant l’échafaud. « Lequel des deux était la victime ? » nous interroge le grand poète et penseur humaniste, dénonçant la responsabilité de la société dans l’abandon des pauvres gens.
La question posée en 1834 est toujours d’actualité et cela rend indispensable le spectacle de Pierre Flory mis en scène par Aïni Iften. Seul en scène, une chaise pour seul témoin, le comédien est cet « homme résolu et honnête », dont l’œil clair ne nous lâchera pas une seconde. Aussi franches que fières, denses, intenses, sa présence et sa voix aimantent les spectateurs, et nous sortons chamboulés. À quoi servirait le spectacle vivant, si ce n’est, outre la beauté en partage,  à nous pousser à nous mettre en question ?
Danièle CARRAZ

Claude Gueux, à partir du 7 juillet 21h15, L’Isle 80. Tel 04 88 07 91 68 / 06 42 69 00 26.